mercredi 3 mai 2017

Pour une nouvelle société à venir




« Ami, entends-tu le frisson de nos âmes qui s’éveillent ? » 

Tel pourrait être le chant, ou pour commencer le murmure, 
de toutes celles et ceux qui, comme moi, 
en ont assez d’errer dans des vies privées de sens profond. 
Des vies où l’accumulation d’argent, de biens, de divertissements et de technologies, 
ne rend pas heureux ceux qui en jouissent, 
et se fait au prix de trop d’inégalités et de conflits à toutes les échelles.

Des vies dépourvues de liberté réelle parce qu’encore trop asservies par le travail 
et trop consumées à consommer. 
Des vies que ni la politique ni les religions, quand elles se muent en idéologies, 
n’arrivent plus à relier les unes aux autres 
au-delà des frontières de classe sociale ou de croyance. 
Des vies trop inconsistantes à cause de tout cela, 
et dont je sens bien qu’elles ne sont pas à la hauteur 
de ce qui fait ma grandeur et ma dignité d’être humain. 

Mais comment donner un sens profond à mon existence, à nos existences ? 
En faisant droit à notre dimension spirituelle. 
Selon la vision la plus simple, libre et universelle du spirituel 
comme culture de tout ce qui nous fait grandir en humanité. 

Cultiver le lien à soi : s’épanouir et s’accomplir à partir du dedans, 
se trouver en se dépassant, exprimer sa singularité et ses aspirations propres 
au lieu de rester prisonnier du système. 

Cultiver le lien à l’autre : remplacer la petitesse du « chacun pour soi » 
par une fraternité et une coopération où nous nous entraidons tous à créer nos vies. 
Cultiver le lien à la nature : apprendre ou réapprendre à contempler la beauté du monde
 et à vivre en harmonie avec l’ensemble du vivant. 
Je veux que soit reconnue mon aspiration à vivre selon ce triple lien, 
qui libère mes forces intérieures et qui seul peut m’ouvrir 
aux plus vastes horizons de conscience et de vie. 
Je veux, avec tous ceux qui en sentent l’urgente nécessité, 
proclamer cette vie bien reliée comme droit spirituel inaliénable 
de tout être humain. 

Notre lutte pour ce nouveau droit s’inscrit dans le prolongement 
de tous les grands combats historiques pour les droits sociaux et politiques. 
Ce droit spirituel est le couronnement à venir des Droits de l’Homme, 
le seul à pouvoir relancer partout dans le monde la dynamique de leur réalisation.

Je suis, nous sommes convaincus que seule sa proclamation 
peut nous offrir le grand projet de civilisation dont l’absence laisse aujourd’hui 
s’étendre un terrible désert de sens 
où prolifèrent les désenchantements, les tentations de retour en arrière 
et les radicalités.

Nuit debout

Nous sommes déjà nombreuses et nombreux à nous engager dans cette lutte. 
De plus en plus nombreux à vouloir être les relieurs, tisseurs, tisserands du monde qui vient. 
De quoi avons-nous besoin maintenant ? 
De connecter tous nos engagements pour qu’ils s’inspirent les uns les autres ! 
De prendre conscience de notre nombre et confiance en notre force !

Car nous sommes déjà beaucoup plus forts que l’ordre en place ! 

Et nous le serons plus encore demain, à condition d’être capables 
de donner à cet objectif de la vie bien reliée autant d’expressions concrètes 
– partout où nous sommes - dans nos modes de vie, l’éducation de nos enfants,
 l’organisation du travail, la justice sociale, l’écologie, 
la gouvernance de la France, de l’Europe et du monde !

Voilà le grand défi, inséparablement spirituel et politique, 
qui nous est proposé à travers toutes les crises de notre temps ! 
Nous nous y engageons avec courage, détermination et espérance 
- et nous allons réussir. 
.
Ce texte est co-signé par : 
Kévin André, Abdennour Bidar, Adam Bidar, Amin Bidar, 
Diane Binder, Marine Bonté, Benjamin Charbit, Eva Collet, Stanislas Coppin, 
Eric De Kermel, Shani Diluka, Amel Haydock, Virginie Larousse, 
Isabelle Lonvis-Rome, Gabriel Le Magadure, Agathe Maire, Sophie Marinopoulos, 
Luc Mory, Caroline Olezac, Anne-Sophie Plard, Sonia Pollissard, 
Pierre Servan-Schreiber, Henri Trubert, Eric Vinson, Inès Weber. 
.



9 commentaires:

  1. En ajoutant une simple lettre de l’alphabet à la déclaration inscrite sur le vêtement (Nos rêves ne tiennent pas, etc.) elle serait aussi l’annonce sans détour d’un Féminin qui veut retrouver la place qu’il mérite et qu’on lui a refusée depuis bien trop longtemps...

    Amezeg :-)

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    1. Tu veux parler de la deuxième lettre de l'alphabet ? ;-)

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  2. La vingtième lettre de l’alphabet pourrait lui voler la place, mais le sens serait alors différent, moins "révolutionnaire" sans doute... ;-)

    Amezeg

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  3. Bonjour,
    La question que je me pose est : ce mouvement ne peut-il pas n'être que personnel ? N'est-ce pas à chacun d'entre-nous dans la banalité et la morosité du quotidien de laisser émerger ce que Lytta Basset nomme "le souffle d'amour" ? Alors évidemment, les mouvements collectifs constituent un rappel indispensable pour "continuer à y croire". Mais, à mon sens, cette "communion" doit pouvoir se vivre au jour le jour. Sans quoi le risque est de retomber dans l'idéologie collective.

    Je profite de ce message pour saluer Amezeg :)

    Etre Humain de la Planète Terre

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    1. Tout à fait d'accord...
      Le principal, c'est le "souffle d'amour"...et ce n'est que dans un deuxième temps que les mouvements collectifs peuvent se manifester de façon efficace...
      Mais , à bien y regarder,pas mal de gens ont évolué "dans le bon sens" ces dernières années...et l'on n'est pas si loin du moment où le "souffle" pourra devenir collectif !

      Et je crois aussi qu'en fait, il faut DEUX choses : la première, c'est comme vous le dites, l'Amour(avec un grand A)...et la deuxième, c'est la lucidité (ou la bonne information)
      .
      L'amour seul peut devenir mièvrerie ou s'illusionner...et la lucidité seule peut mener au déssèchement ou à la violence...

      Ce qui nous manque, pour faire bouger les choses et le monde, ce n'est pas seulement l'amour, c'est un "amour éclairé"...:-)

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  4. Bonjour,

    En effet, pour reprendre votre expression, "pas mal de gens ont évolué dans le bon sens". Je suis également persuadé qu'il nous faut un amour éclairé. C'est pourquoi, je suis assez perplexe face à certains mouvements qui, soi-disant, prônent la tolérance, la bienveillance mais conspuent la finance et autres choses. Certes ces dernières ne sont pas exemptes de reproches mais il faut, à mon sens, garder à l'esprit qu'elles n'existent que par le fait de ce que Gandhi appelait "l'avidité du plus grand nombre" dont nous participons de façon plus ou moins consciente. Aussi, sera-t-il sûrement plus efficace de balayer devant toutes nos portes individuelles plutôt que d'attendre que "les grands de ce monde" le fassent. Pourquoi nous faudrait-il toujours de "bons exemples" pour que l'on fasse "bien" ?

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    1. Ce n'est pas faux...:-)
      On en revient toujours à la fameuse phrase de Gandhi : "Sois le changement que tu désires voir dans le monde".

      Il s'agit avant tout de dire "non" à certaines situations, il s'agit de ne pas "participer"...
      C'est en effet mieux que de "conspuer"...
      Mais pour dire non, pour ne pas "suivre le mouvement général", encore faut-il ouvrir les yeux...:-)

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  5. Tout à fait vrai, il serait complètement vain de faire comme si de rien était :)
    Toute la question résiderait donc dans la forme de participation ou de non participation. Pour ma part, j'estime qu'elle réside davantage en une disposition intérieure qu'en "fortes" démonstrations. Qui peut revendiquer le monopole de la tolérance, de la transparence et, comme qui dirait, tutti quanti ?

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    1. C'est bien pour cela que j'ai commencé par publier plusieurs articles sur "La révolution intérieure"... ;-)

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