samedi 1 octobre 2016

Le son du silence


Parmi les expériences les plus belles que j’ai vécues,
de nombreuses ont un point commun : le silence.
Un silence intérieur paisible et vibrant.

Le silence qui jaillit quand s’arrête le processus de la pensée
 pour faire place au moment présent.
Un silence spontané.
Le plus extraordinaire dans cette révélation
est la découverte que le silence est plein, vivant,
et exprime la totalité, comme ne peuvent le faire les mots,
les sons, la musique.
.
Lao Tseu




Méditer, ce n’est pas ce qu’on pense. 
Méditer, ce n’est pas non plus « ne pas penser ». 

Méditer, c’est entreprendre un virage, un entraînement ; 
je répète, la méditation est un entraînement d’un genre différent : 
c’est entraîner ce mental récalcitrant et rebelle. 
C’est cultiver une habitude nouvelle pour la plupart d’entre nous. 
Alors qu’on a l’habitude de courir, d’entreprendre, de fixer des objectifs, 
l’approche méditative nous propose tout le contraire : 
nous donner un temps d’arrêt, de présence à ce qui est. 

Complètement, consciemment, intentionnellement. 
Donc, il nous faut nous asseoir. Nous immobiliser, pour un temps. 
Ressentir, cesser de se battre, commencer à faire la paix en nous 
et laisser tomber, pour le temps de notre méditation, tout objectif.

Être ici. Maintenant. 
Tout simplement présent à son expérience du moment : 
ouvert, disponible, accueillant, vaste...

Méditer, donc, c’est s’arrêter, faire silence, 
lâcher prise, laisser tomber son agenda, ses obsessions, 
ses rôles, ses grands et petits projets, 
cesser de (se) juger et de préjuger.

Méditer, c’est surtout entraîner le mental 
à s’installer dans le présent tel qu’il est, d’instant en instant, 
avec sa mouvance, avec ce qui se présente à nous, 
sans choisir ceci, sans exclure cela et surtout, 
sans étiqueter (comme bon ou mauvais…) 
ni réagir à ce qui se produit. 

Cela tranche sur notre manière habituelle 
d’entreprendre une action...

Robert Béliveau
.




Lorsque vous êtes envahi par les problèmes,
il ne reste aucune place pour la nouveauté ou les solutions.
Alors, chaque fois que vous le pouvez, faites un peu de place à tout cela
et vous trouverez votre vie qui se cache derrière vos conditions de vie.

Utilisez pleinement vos sens.
Soyez véritablement là où vous êtes.
Regardez autour de vous.
Simplement, sans interpréter.
Voyez la lumière, les formes, les couleurs, les textures.
Soyez conscient de la présence silencieuse de chaque objet,
de l'espace qui permet à chaque chose d'être.
Écoutez les bruits sans les juger.
Entendez le silence qui les anime.

Touchez quelque chose, n'importe quoi,
et sentez et reconnaissez son essence.
Observez le rythme de votre respiration.
Sentez l'air qui entre et qui sort de vos poumons,
sentez l'énergie de vie qui circule dans votre corps.
Laissez chaque chose être, au-dedans comme au-dehors.
Reconnaissez en chaque chose son « être-là ».
Plongez totalement dans le présent.
De la sorte, vous laissez derrière vous le monde assourdissant
de l'abstraction mentale, du temps.

Vous sortez de la folie de ce mental
qui vous dépouille de votre énergie vitale
et qui empoisonne et détruit la Terre.
Vous sortez du rêve qu'est le temps
pour arriver dans le présent.
.
Eckhart Tolle
"Le pouvoir du moment présent"
.

Les deux derniers textes ont été empruntés 
au blog d'Acouphène :
"Phytospiritualité"
.


jeudi 29 septembre 2016

Le silence mental




Définissons donc le silence mental. 
Il ne s'agit nullement d'un mystère 
ni d'un pouvoir interdit aux simples mortels.
Ce n'est pas la bêtise d'un bovin à deux pattes. 
Ce n'est pas le "silence" d'un crétin.

Un piano de concert de grande marque est, 
au point de vue qui nous intéresse, silencieux, 
alors qu'une merveilleuse sonate 
résonne sous les doigts d'un concertiste.

Tous les auditeurs entendent la sonate, la musique, 
mais le piano-individu reste silencieux... 
Le pianiste retire ses mains et le piano se tait.

Un piano de mauvaise qualité ajoute des vibrations, 
des craquements, des grincements, la mécanique résiste,  
le son ne sort pas ou sort trop dans l'aigu 
et pas assez dans les basses, il ne tient pas l'accord... 
Le piano s'exprime au lieu d'être un canal silencieux...

Le silence du piano n'est pas d'être muet : 
ce ne serait pas un piano mais un meuble décoratif ; 
le silence du piano consiste à ne pas interférer 
tout en servant de support à la musique 
qui descend à travers les doigts du concertiste.
Tel est le silence mental.
[...]

Le silence mental ne consiste pas à tout arrêter, 
à faire le vide et refuser tout ce qui pourrait pénétrer 
(inspiration, vision, etc.) 
mais à fonctionner sans heurts, sans interférences.

Ce silence s'obtient par la pratique 
ou par une grâce divine exceptionnelle. 
L'entraînement est de tous les instants.
[...]
Le silence mental est une clé ; 
elle est offerte à chacun,
mais elle n'est pas à vendre.
.
"Votre potentiel d'immortalité"
.

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mardi 27 septembre 2016

La vague et l'océan


Imaginez une vague dans un océan.
La vague se dit à elle-même :
« Je suis séparée de l’océan ».
Elle se croit et  s’expérimente comme existant séparément de l’océan.
Elle croit qu’elle est née en tant qu’entité séparée et qu’elle mourra un jour.

Elle a une histoire d’un passé et d’un futur,
elle peut parler de ses expériences passées, ses succès, ses échecs,
ce qu’elle a accompli, ses espoirs, ses regrets et ses peurs.
Et de milliers de façons différentes elle passe sa vie à chercher :
chercher l’amour, l’approbation, le succès ou l’illumination spirituelle,
et ce qu’elle recherche vraiment, bien sûr, c’est l’océan.

Pourtant la vague est déjà l’expression parfaite de l’océan
– elle l’était depuis le tout début.
L’océan s’exprime au travers de toutes ces vagues apparemment différentes.
L’Un s’exprime, au travers du « multiple », même si en réalité,
le « multiple » n’est pas séparé de l’Un.
.
Jeff Foster
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La poursuite du bonheur est dérisoire.

"Avez-vous vu la mer ?"
Voilà le poisson en quête de la mer :
« Avez-vous vu la mer ? ».
Il est émouvant. Dérisoire et émouvant.
Il nage comme un fou, de plus en plus vite, de plus en plus loin.
« Avez-vous vu la mer ? ».
Il la cherche au milieu des récifs de corail,
dans les taillis d’algues violettes,
dans les gouffres bleus, dans les fonds glauques.
Il va là où personne encore n’est allé.

« Avez-vous vu la mer ? ».
 Jusqu’à l’instant où, à l’entrée d’une grotte,
une pieuvre bienveillante vient à son secours.
« Ne cherche plus ! Tu y es ! »
Jamais tu n’y as pas été, jamais tu n’en seras plus proche
que tu ne l’as toujours été !
Jamais plus proche qu’en chaque instant de ta vie passée et à venir…
Mais alors, comment as-tu (comment ai-je) pu fabriquer tant de malheur,
tant d’éloignement, d’égarement, de dérèglement,
d’errance, de criante solitude ?

Ne peut-elle rendre fou, cette révélation
que cela qui est là en permanence et en abondance autour de moi
est cela même qui me manquait si cruellement,
qui me paraissait si impossible à rejoindre ?

Et si la mer est vraiment ce qui est là partout,
ce dans quoi je nage depuis le début,
il n’y aura donc pas de rencontre, pas de face-à-face,
 pas d’enlacement, pas de corps-à-corps.
Nul ne sera en mesure de s’emparer d’elle,
d’en faire son glorieux butin.
Il n’y aura plus de héros, plus de Prométhée voleur de feu !
Elle est ! Voilà tout. Je ne l’aurai donc jamais.
Jamais elle ne m’appartiendra.

La vieille pieuvre ajoute : « Ne sois pas déçu, jeune poisson !
Elle t’enveloppe en cet instant.
Sans sa voluptueuse caresse le long de ton corps fusiforme,
de tes ouïes, de tes branchies, à chaque battement de tes nageoires,
à chaque palpitation de tes barbillons… »
A-t-il entendu ?

Voilà.
Chaque heure est la bon(ne) heur(e).
Même ta toute dernière.

Tant que tu attendras qu’il t’arrive bonheur
 et que ce bonheur se tienne devant toi
avec ses cadeaux et ses oripeaux,
tu n’entendras ni le vent dans les branches dehors,
ni en toi le souffle lent qui te visite, inspir… expir… :
son vrai langage et sa petite musique

Christiane Singer
« N’oublie pas les chevaux écumants du passé »
.


dimanche 25 septembre 2016

Le visible et l'invisible




Habib, tu vois la plume qui écrit , tu ne vois pas la main de l'écrivain.
Tu vois le cheval qui galope, tu ne vois pas le cavalier qui le monte.
Tu vois la flèche qui vole, tu ne vois pas l'arc qui tire.
Tu vois les âmes, tu ne vois pas l'âme des âmes.

L'impuissance, l'obstruction et l'apathie sont visibles.
La vivacité et la fougue sont invisibles.

Habib, nous sommes tous des proies.
Et je me demande : "Qui est le poseur de pièges ?"
Nous sommes comme des balles de polo...
Et je me demande : "Qui est le joueur ?

Où est ce tailleur qui coupe et qui coud ?
Où est cette flamme qui souffle et qui brûle?"
.
Nahal Tajadod
"Sur les pas de Rûmi"
.



vendredi 23 septembre 2016

Le Soi qui écrit l'histoire de notre vie ...



Pour comprendre ces notions difficiles, 
une autre métaphore éclairante est celle de l'écriture.

Dans l'acte d'écrire, on peut distinguer : 
le papier et l'encre
(le corps physique, le monde matériel, le visible)
la plume ou le stylo
(l'ego, la personnalité, le psychisme)
et celui qui écrit
(le Soi, la partie spirituelle, immortelle et invisible)...


On voit que la place de l'ego 
est "entre" le Soi et ce qui s'écrit :
c'est l'intermédiaire, l'outil...
Notre personnalité n'est donc  pas une illusion
ou  un obstacle, un ennemi à vaincre,
comme certains aiment à le croire...
mais elle est l'outil par lequel notre vie s'écrit...
tandis que le Soi  est la Source de l'écriture.

Bien sûr, le plus important c'est le Soi :
c'est lui qui "sait" ce qu'il veut inscrire sur le papier, 
c'est lui qui connaît le texte à écrire, 
qui détient la Connaissance et l'Intention.

Mais le stylo a son importance aussi :
il doit être en bon état 
et répondre aux sollicitations du scripteur, 
sinon celui-ci ne peut pas arriver au bout de sa tâche.
Rien de plus pénible qu'un stylo qui ne marche pas, 
dont l'encre ne coule pas ou coule trop vite,
qui fait des taches, des ratures...etc.

Or, c'est ce qui nous arrive à tous.
Nous sommes des stylos peu fiables.
Il faut bien reconnaître que, 
la plupart du temps,
à cause de nos blessures d'enfance
à cause de nos blessures de vie,
 nous sommes en piteux état : 
 souvent secs,  parfois abîmés
ou même complètement cassés.

La première tâche est donc, très logiquement,
de faire ce qu'il faut pour retrouver 
un fonctionnement correct,
une encre qui s'écoule de façon fluide et régulière,  
pour que nous soyons "en bon état" psychologique, 
pour que notre personnalité redevienne capable d'exprimer
ce qu'on lui demandera d'exprimer. 
C'est la tâche de la psychologie 
et de toutes les thérapies.

Mais une fois cela plus ou moins réalisé, 
-je dis plus ou moins parce que ce n'est jamais fini-
il y a une deuxième tâche à accomplir :
c'est de se rendre disponible pour le scripteur.

Un stylo ou une plume
en parfait état,  posés sur une table,
 ne servent absolument à rien.
Il reste à avoir l'humilité de comprendre
que le développement personnel
- le travail sur la personnalité - 
n'est qu'un travail préparatoire.
L'outil ne connaît pas le but,
il ne sait rien de ce qu'il a à faire.
Il reste à accepter d'être guidé
par plus grand que lui, par la main du Soi.

D'elle-même, la plume ne dépassera pas 
le stade du "gribouillis" informe... 
Elle s'agitera dans tous les sens,
au gré du vent de ses désirs,
en croyant "agir", bien sûr...
elle laissera des traces
mais son "action" n'aura pas de signification.
Le sens, la signification sont  dans l'esprit du scripteur,
c'est-à-dire en dehors de la personnalité,
en dehors de l'outil visible, en-dehors du psychisme, 
dans une autre dimension qui est celle de l'Esprit.

La deuxième tâche consistera donc à reconnaître
 et à contacter le pôle "spirituel" de notre être, le Soi,
 et à se rendre disponible à lui
pour qu'il puisse écrire l'histoire telle qu'il a en tête.
Pour ce faire, il est indispensable d'arrêter notre agitation gratuite,
nos gribouillages continuels...nos "écritures automatiques"
afin de retrouver un espace de calme...
C'est le rôle de la méditation, 
 ou de la contemplation.

Et puis il est important de se montrer attentif 
pour recevoir les sollicitations du Soi :
celles-ci peuvent venir 
par les occasions de toutes sortes 
que la vie nous offre chaque jour, 
par les hasards, les signes, les synchronicités, 
ou par les intuitions, les inspirations, 
les visions, les rêves nocturnes...
toutes ces petites choses légères et subtiles,
qui sont là en permanence,
mais qui passent si souvent inaperçues.
C'est là un travail d'écoute spirituelle.

Ensuite, il faudra aussi se montrer réactif et souple,
abandonner les crispations, les peurs, les résistances,
pour exprimer au mieux ce que la "main du Soi",
"la main cachée" nous transmet ...
Pour que cela devienne encre visible
sur le papier du monde.

Ce travail-là, qui est le plus difficile, 
ne se traduit pas forcément
par une réalisation concrète et matérielle,
mais consiste à mettre en cohérence
nos intuitions, nos ressentis, nos valeurs,
et notre comportement quotidien.

Et si nous y parvenons
-au moins un peu,
car c'est une oeuvre de très longue haleine-
alors les trois mondes (le monde extérieur,
le monde intérieur, et le monde spirituel)
et les trois parties de nous-même 
( le Corps, l'Âme et l'Esprit )
s'aligneront dans l'Unité
et nous aurons accompli
ce pour quoi nous sommes nés...

Nous aurons pu écrire, avec notre couleur propre,
et avec la personnalité unique qui est la nôtre
(avec les arabesques particulières
qui n'appartiennent qu'à nous)
l'histoire qui se cache en nos tréfonds,
l'Histoire que notre Esprit-Soi,
dès notre naissance, avait envie d'écrire
afin d'ajouter une page unique et précieuse
au Grand Livre de la Vie.
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La Licorne
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Un autre symbole parlant :
celui de la lampe à huile ou de la bougie


Constitution de l'homme :




mercredi 21 septembre 2016

Advaïta


Advaïta signifie littéralement "non-deux"
et se traduit le plus souvent par "non-dualité"...




L'ego est ce que l'on peut appeler l'âme-personnalité
puisqu'il est le masque sous lequel notre âme se présente dans le monde.
C'est ce masque qui affiche notre caractère et nos capacités,
en un mot notre personnalité et notre potentiel.

C'est lui qui fait que nous sommes tous uniques
et que nous avons la possibilité de nous singulariser
en nous extrayant d'un groupe.
Il nous autorise l'expérience individuelle.
Il est l'explorateur de la Vie en nous.
.
S'attacher à faire mourir l'ego,
c'est  s'enliser encore un peu plus dans la dualité,
 c'est perpétuer notre incarcération au coeur même de l'incarnation.
C'est fixer la guerre en nous
en se retranchant derrière des prétextes lumineux.
.



Sans nécessairement le réaliser,
chacun de nous peut avoir accès à un sublime espace de joie et de paix.
.
C'est un espace de pureté absolue que rien ni personne ne peut souiller.
La réalité de cet espace se situe au-delà de notre âme.
Notre Âme est en effet la source de notre ego
et de ses personnalités successives.
.
L'espace dont il est question est celui de notre esprit.
Il s'agit d'un Principe androgyne qui ignore la dualité
car son essence est divine.
C'est lui qu'on appelle le Soi ou encore l'atma.
.
Notre esprit, notre Soi, notre atma
est par nature "impolluable".
.
Quiconque prend conscience qu'il est constamment invité
à s'approcher du Divin et à goûter sa présence
devrait tout mettre en oeuvre pour débroussailler le chemin
qui conduit à son propre Soi.
.
Celui qui accomplit le plus beau pélerinage vers la Source
est celui qui a la sagesse de plonger en silence en lui-même.

L'Esprit qui veille au fond de nous
se situe sur un autre plan
que celui des manifestations psychiques.



Celui qui parvient à toucher la présence de l'esprit en lui-même
-son atma immuable-
ne s'assimile plus à ce qu'il croyait être jusque là.
Il réalise que son ego n'existe pas en lui-même
mais n'est qu'un outil transitoire.
Il découvre enfin le sens de l'état d'Unité avec le Tout.
.
Se déconditionner de la perception pétrifiée et superficielle de la Vie
qui nous a été inculquée devient ainsi la priorité des priorités.
.
   Le meilleur de l'humain
n'est la propriété d'aucune foi.
Il témoigne de l'Espace infini du Divin.
.


Ô, Âme de mon âme,
Joyau de mon esprit,
je te sais là,
au Centre de mon centre,
Tu es mon continent de paix,
Tu es mon océan sans tempête,
Mon feu de compassion
Et mon souffle d'Être,
Dis-moi ta présence
Fais-moi t'éprouver et te connaître.
Appelle-moi à descendre en toi.
Ô Âme de mon âme
Joyau né du Tout,
Accueille-moi afin qu'en toi
je me reconnaisse.
.

Daniel Meurois
"Advaïta"
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dimanche 18 septembre 2016

Le théâtre de la vie


"Je" est un autre.
Arthur Rimbaud
.


Une des métaphores les plus parlantes et les plus riches qui existent, 
pour bien comprendre notre identité d'être humain,
est celle du THEATRE.

La Vie est comme une pièce de théâtre.

A la naissance, nous quittons les coulisses 
et montons sur la scène du monde.
A notre mort, le rideau tombe
et nous quittons la scène.

Entre-temps, nous jouons une pièce.
Nous avons un rôle à jouer dans l'histoire, 
(dans l'Histoire).

Nous jouons à être ceci ou cela...
homme ou femme,
européen ou asiatique
chrétien ou musulman,
patron ou employé,
célèbre ou anonyme...etc.

Le personnage que nous incarnons alors
est notre Personnalité.
C'est elle qui permet de nous différencier
et qui permet aux autres de nous reconnaître
en tant qu'être humain  unique,
jouant un rôle unique.

Cette personnalité est importante, 
elle est essentielle,
personne ne peut s'en passer 
ou faire comme si elle était négligeable.
Elle est notre compagne quotidienne.

Mais le danger est de s'y identifier.
De s'identifier si fort à ce personnage
et à ce rôle temporaire
qu'on en oublie qu'ils ne sont pas nous.

Que nous existons aussi en-dehors de cette scène.
Que nous avons une identité plus profonde :
celle de l'Acteur.

Et que c'est celle-ci
que nous retrouverons tôt ou tard.
Après la pièce.

Bien sûr, le fait de jouer la pièce n'est pas inutile.
Grâce à cette expérience, 
l'Acteur apprend de nouvelles choses.
Sur la vie, sur lui-même.

Il "sort" de cette expérience de "jeu"
différent de ce qu'il était en y entrant.
Enrichi.
Et prêt pour jouer un autre rôle,
une autre pièce.

Il s'agit donc de jouer son rôle
et de bien le jouer.
De s'y investir...
Puisque nous sommes là pour cela.
Et que si nous ne nous y investissons pas, 
nous n'évoluerons pas.

Donc jouons le Jeu, 
jouons le "JE"...
Du mieux que nous le pouvons.
Mais tout en gardant à l'esprit
que, tout au fond,
 nous ne sommes pas ce "JE", cet ego, ce personnage.
Nous sommes l'Acteur qui joue le personnage.


Nous ne sommes pas le masque,
nous sommes l'Être qui porte, temporairement, 
pour quelques dizaines d'années,
le masque.

Notre Être véritable se situe ailleurs,
derrière, dans les coulisses,
hors du temps et de l'espace 
de notre vie humaine.

Nous ne disparaissons pas
quand les projecteurs s'éteignent
et que nous quittons notre costume de scène. 

Nous sommes beaucoup plus vastes que cela.
Plus vastes que notre personnage incarné.
Nous sommes Esprit.
Nous sommes le Maître du JE.

Certains appellent cet Être spirituel,
plus vaste et plus profond, le SOI...
D'autres lui donnent des noms différents...
(Le Centre, la Conscience supérieure,
le Moi authentique, l'Être éternel,
le Guide ou le Maître intérieur, le Pôle de lumière...)
le nom choisi n'a d'ailleurs  aucune importance, 
à partir du moment où il désigne notre ESSENCE.


La Licorne
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