jeudi 23 février 2017

Trouver son chemin intérieur



Une révolte collective n'est jamais une vraie révolte.
C'est la préparation d'un futur système
de soumission générale...

Une vraie révolte nécessite une transformation intérieure
Dont elle devient l'élément principal
Elle est donc essentiellement personnelle...
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Paul Degryse
"Le dit des chamanes"
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mercredi 22 février 2017

Modernité




Le progrès est extraordinaire !
D'abord, il permet de supprimer l'utilité des efforts, 
puis, à la fin, 
de supprimer l'utilité de ceux qui voulaient en faire...!
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Avant on justifiait le travail
parce qu'il produisait des biens. 
maintenant, on justifie le mal
parce qu'il produit du travail...
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L'homme court à ses rendez-vous
de peut d'être en retard et pendant ce temps,
il rate le seul auquel il est toujours à l'heure : 
l'instant présent.
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Croire connaître une chose 
parce qu'on peut en décrire et en chiffrer tous les composants
est aussi stupide que croire se régaler d'une confiture
en mâchant l'étiquette collée sur le pot !
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Tout être humain est un prédateur
qui cherche pouvoir sur les autres
jusqu'à ce qu'il ait compris
que le plus grand des pouvoirs
s'exerce sur soi-même...

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Paul Degryse
"Le dit des chamanes"
Aphorismes et paradoxes
 pour un temps nouveau
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dimanche 19 février 2017

Un lieu transformable




Il n'y a pas d'un côté le monde avec ses guerres, 
ses tortures, ses horreurs, 
et de l'autre les hommes qui s'en indignent. 

Il n'y a qu'un seul monde. 
Et tout ce qui respire sous le soleil 
partage un souffle, un seul.
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En dressant un mur contre la haine du monde, 
sa laideur, sa tristesse, sa vénalité, sa dépression 
- comme si tout cela ne nous concernait pas -,
 nous nous ôtons le seul puissant outil de changement : 
la conscience que ce monde n'est rien d'autre
qu'un précipité chimique de toutes mes pensées, 
de toutes mes peurs, de toutes mes cruautés.

Mais dès que je cesse de voir le monde en dehors de moi,

séparé de moi pour le réintégrer, l'incorporer (...)
 alors une issue se dessine, 
et la sensation d'impuissance cesse !

Ce lieu que je suis est transformable.
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Christiane Singer
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samedi 18 février 2017

Ignorance



Notre erreur est d'accepter de multiples greffes
et de nous mutiler par imitation,
il nous est impossible d'agir en accord avec nous-mêmes 
car nous nous ignorons,
ignorant notre ignorance, 
nous ne tentons pas de dépasser les limites.

Mais qui peut inverser le cours d'une rivière ?
La dimension magique
surgit en nous comme une blessure.
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Alexandro Jodorowsky
"L'"échelle des anges"
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mercredi 15 février 2017

Mise en condition



Il y a dans nos sociétés
un système de mise en condition des êtres humains 
qui nuit à la réflexion.

Si on se laisse domestiquer
par la presse, la publicité et la télévision, 
on perd tout recul face au monde.
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Théodore Monod
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mardi 14 février 2017

Les droits de l'âme



Nietzsche parle du désir de reconnaissance comme d'un désir d’esclave 
quêtant l'approbation d'une autorité extérieure.

Dans nos sociétés capitalistes qui font du travail un fétiche, 
l’esclave désire être reconnu comme tel : 
un laborieux, si affairé qu’il en a perdu jusqu’au goût de l’Otium, 
ce loisir studieux auquel se consacraient les aristocrates dans l’antiquité.

Selon Nietzsche, toujours : 
« Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée est un esclave. »

Dans L’éducation sentimentale, lors de la veillée funèbre
autour du cadavre du banquier Dambreuse,
Flaubert décrit celui-ci "chérissant le pouvoir d’un tel amour
qu’il aurait payé pour se vendre".

Une telle description colle parfaitement à l’homme contemporain : 
prêt à payer – et cher – pour se vendre. 
La marchandisation généralisée réduit l'être humain
à une valeur d'échange monétaire 
qui l'oblige à se vendre pour exister.


Tel un ogre, le Capital gère ses affaires comme il digère les individus 
à travers la mécanique infernale de l’intérêt et du profit 
où chacun est transformé en comptable pointilleux et cynique
de ses intérêts égoïstes.

Le Capital obéit aux règles de l'égo, ce Je d'enfant d'autant plus mégalo 
qu’il est effrayé par son impuissance et par la mort. 
Transcender l’égo, c’est participer au Grand Jeu fondateur 
des communautés post-capitalistes.

Trump est un signe des temps qui n'aurait pas dû se prénommer Donald mais Picsou. 
Parce qu'il incarne de manière caricaturale, jusqu'à la nausée, l'esprit du capitalisme,
 il en annonce aussi prophétiquement la fin programmée.

Comme l'écrit Michel Onfray : " Trump est le nom du capitalisme nu.
 En ce sens les médias, les élites, les sondeurs, les penseurs comme il faut le haïssent 
parce qu'il montre la vérité du capitalisme cynique
pour lequel l'argent est le fin mot de l'histoire. 
Ceux qui haïssent Trump lui reprochent de montrer ce qu'est le capitalisme sans fard 
et de leur gâcher le travail pendant qu'eux avancent masqués."

La victoire obscène de Donald Trump met à nu cette société du spectacle 
qui transforme chacun en voyeur de sa propre vie. 
Le triomphe de ce que le situationniste Guy Debord nommait la "séparation", 
pourrait annoncer l'émergence d'une nouvelle forme d'humanité,
 réunifiée à un niveau supérieur 
car "Là ou croît le péril, croît aussi ce qui sauve" (Holderlin).

L'homme aliéné de la modernité se reconnaît au fait qu’il se croit libre 
alors même qu'il vit sous l'emprise d’une époque paradoxale produisant à la chaîne
 ces oxymores vivants que sont des individus grégaires.

La barbarie a deux visages : le fanatisme identitaire et le fondamentalisme marchand. 
Une partie de l’humanité est enchaînée par la tradition et l’autre déchaînée par le progrès. 
Ces deux parties se combattent l’une l’autre sans s’apercevoir 
qu’elles sont les deux faces d’une même pièce
dont nous sommes les figurants angoissés et aliénés.

A quand l’organisation systématique de programmes de "démarchandisation" 
- comme il existe des programmes de "déradicalisation" - 
pour nous libérer du fétichisme de la marchandise et de son emprise mortifère ?


Réenchanter le monde, c’est accueillir et intensifier cette présence d’esprit
dont la puissance créatrice décolonise l’imaginaire
et démarchandise les relations.

(...) 

Civilisation en péril cherche dans l'urgence des "professeurs de l'être" 
capables de nous libérer des illusions morbides de l'avoir et du paraître.
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"Journal intégral"